Vente au détail: des efforts pour la promotion des produits du Québec

Depuis plusieurs années, le secteur horticole tente d’accroitre la part de marché des fruits et légumes au Québec avec un certain succès. Plusieurs groupes de producteurs ont investi des sommes importantes dans la promotion, que ce soit sous « mangezquebec.com », « Pomme Qualité Québec », « l’épatante patate », « J’aime 5 à 10… » et « Aliments du Quebec ».

Par ailleurs, lorsque nous comparons nos outils de promotion avec ceux de nos compétiteurs ontariens, qui disposent depuis des décennies d’un appui avec le programme de promotion Foodland Ontario, nous ne faisons pas le poids. Nous devons donc trouver des moyens efficaces et relativement abordables afin de mieux supporter nos efforts de promotion, et sensibiliser les consommateurs à l’importance des retombées de l’achat local au niveau social, économique et environnemental. Les consommateurs prennent souvent leurs décisions d’achat sur les lieux de vente, que ce soit en fonction du prix, des spéciaux, de la qualité perçue des produits ou d’une décision impulsive. Il apparaît donc important de les informer en magasin directement pour stimuler les ventes de produits québécois. C’est ce qu’a fait Foodland Ontario en mettant sur pied un service de promotion des fruits et légumes de l’Ontario auprès des détaillants.

De plus, les acheteurs de fruits et légumes sont particulièrement sensibles aux attributs sensoriels des produits. Ces aspects ont été démontrés dans un précédent projet portant sur le « Label environnemental ». Lors de rencontres entre groupes de consommateurs, il en est ressorti que souvent, la décision d’achat repose sur les sens, donc la couleur du légume ou du fruit, l’odeur, le goût et le toucher (fermeté, texture etc.). Cette assertion s’est également manifestée lors d’une enquête auprès des détaillants Metro et Metro Plus dans le cadre de l’attribution du concours Jardin Mérite organisé par le Conseil québécois en horticulture. Les évaluations nous auront permis de constater que l’on observait dans plusieurs magasins une ou plusieurs erreurs d’identification sur les étiquettes relativement à la provenance. Rappelons que l’étiquetage finale relève entièrement des responsables du rayon des fruits et légumes et de son personnel. Cependant, on observait aussi le désir et l’engouement des gérants de fruits et légumes et des directeurs de magasin de s’impliquer et d’innover davantage afin de mettre en valeur les fruits et légumes du Québec dans leur magasin.

Par ailleurs, en magasin, le commis est le premier répondant du rayon des fruits et légumes pouvant aider les clients. À l’instar de son collègue travaillant dans le rayon de la boucherie, il devrait pouvoir répondre aux questions des consommateurs qui sont de plus en plus avides d’information. Or, nous constatons que les commis dans le rayon des fruits et légumes ont généralement un faible niveau de connaissances sur les attributs des produits québécois, sur leurs caractéristiques et sur les modes de production. Par exemple, la majorité des commis ne peuvent faire la différence ou même expliquer aux consommateurs les différences entre les modes de production en serre et en champ.

Projet actions en magasins: une démarche qui rapporte

Le commerce au détail vit une période d’incertitude notamment en raison de l’apparition de géants du commerce en ligne, tel Amazon. Face à cette compétition et pour maintenir leur part de marché les producteurs québécois devront se questionner sur leur approche. Le projet Actions en magasins pour sensibiliser le personnel et promouvoir les fruits et légumes du Québec visait notamment à démontrer qu’avec des moyens modestes, on peut faire une différence en agissant auprès des premiers répondants en magasin et par le fait même recueillir une information précieuse sur la place des produits québécois.

À l’origine, le projet a été conçu dans un environnement bien différent de celui prévalant lors de sa réalisation. Essentiellement, il a été planifié pour répondre à des objectifs couvrants l’ensemble du secteur des fruits et des légumes. Sa réalisation par Les Producteurs en serre du Québec a tout de même été couronné de succès. Les objectifs du projet ont été atteints et dans certains cas dépassés. Notamment en ce qui concerne le bien fondé des fiches techniques produites.  Téléchargez-les en bas de page!

Ces fiches ont été calquées sur l’approche du Linéaires une revue française s’adressant aux gens de métier. Les fiches métiers publiées par Linéaires permettent de maintenir un niveau minimal de connaissance du personnel en magasin responsable de la manipulation des fruits et des légumes. Rappelons qu’en France, la formation pour un vendeur de fruits et de légumes qui travaillera dans le commerce de détail est d’une durée d’une année scolaire. Au Québec, le taux de roulement du personnel en magasin est élevé et la majorité n’a pas de formation spécifique.

En ce qui concerne la connaissance du marché des fruits et des légumes au Québec, le projet a démontré que l’utilisation de fiches techniques, la réalisation d’enquêtes et la tournée des détaillants en alimentation peut permettre de recueillir une information de qualité, de compiler et d’analyser des données stratégiques essentielles au positionnement des produits québécois, et ceci en respectant un budget limité.

Le rapport de projet ci-dessous présente en détail les activités réalisées ainsi que les résultats obtenus.

texte tiré du rapport final du projet »Actions en magasins », rédigé par Vicky Blais et Sébastien Brossard, agr.