Publication Info-Serre
Édition novembre 2020

Passons à l’action et investissons !

Les entreprises serricoles québécoises sont disposées à développer le secteur, les opportunités de marché sont là, les consommateurs attendent nos produits, mais, malheureusement, les aides gouvernementales actuellement sur la table à dessin se font attendre. Que ce soit le programme d’investissement dans la modernisation durable de nos entreprises ou des aides pour un meilleur accès à un appel de puissance électrique, les annonces concrètes officielles tardent à se faire. Toutefois, la Régie de l’énergie se penchera au début novembre sur une réduction importante des tarifs d’électricité pour l’usage de l’éclairage de photosynthèse et de chauffage des végétaux. Ceci aura un effet économique positif important pour les petites et moyennes entreprises. Nous espérons que le processus à la Régie se fera avec diligence, car nous sommes prêts à participer à la croissance de notre industrie et ainsi doubler la valeur de la production d’ici 2025. Parallèlement, l’atteinte de cet objectif créera un intérêt et un engouement pour notre secteur et contribuera certainement à l’émergence d’une vraie filière serricole au Québec réunissant les forces vives des domaines de la recherche et de l’innovation, qu’elles soient publiques ou privées.

L’impatience commence donc à gagner nos rangs. Plusieurs de nos membres ont des projets d’investissement sur la table. Ils sont pressés d’agir, ils ne veulent pas perdre une saison de production et ils sont donc prêts à investir maintenant pour profiter des perspectives de développement actuel. Mais devant l’incertitude de l’annonce de ces programmes, ils risquent d’investir dans des domaines connus comme des systèmes de chauffe au gaz propane, lorsqu’accessibles, ou encore dans la bonne vieille chaudière à mazout. Malheureusement, si mes craintes se concrétisent, nous manquerons ainsi le virage environnemental, dont la lutte aux changements climatiques, offert par des appuis à la conversion vers une énergie propre qu’est l’électricité.

Le mois dernier je disais que la balle était dans notre camp. Aujourd’hui, je la relance à nos partenaires gouvernementaux pour qu’ils annoncent le plus rapidement possible les programmes d’appuis pour concrétiser notre vision et celle de notre premier ministre de doubler la production d’ici 2025 et ainsi augmenter notre autonomie alimentaire. Quant aux tarifs électriques, rappelons que le Québec a un déficit compétitif avec l’Ontario depuis 40 ans. Espérons que les audiences à la Régie de l’Énergie, qui auront lieu la semaine prochaine, auront pour résultat de combler une partie de ce déficit. Bien que nos principaux compétiteurs, les serriculteurs ontariens, petits ou grands, demeureront toujours plus concurrentiels au niveau de l’énergie, au moins l’écart sera comblé en grande partie.